Quelles solutions pour améliorer le confort acoustique au bureau ?

Le bruit au bureau représente aujourd’hui l’une des principales sources de gêne pour les collaborateurs, particulièrement dans les environnements en open space. Avec l’évolution des modes de travail et la généralisation des espaces ouverts, les nuisances sonores sont devenues un enjeu majeur de santé au travail et de performance organisationnelle. Les conversations téléphoniques, les discussions entre collègues, les bruits d’équipements et la réverbération sonore créent un environnement défavorable à la concentration. Cette pollution sonore affecte directement la productivité, augmente le stress et peut conduire à une fatigue chronique. Heureusement, des solutions techniques et organisationnelles existent pour transformer vos espaces de travail en environnements acoustiquement confortables.

Diagnostic acoustique et mesure du niveau sonore en open space

Avant d’envisager toute intervention sur l’acoustique de vos bureaux, il est essentiel de réaliser un diagnostic précis de la situation existante. Cette étape préalable permet d’identifier les sources de nuisances, de quantifier les problèmes acoustiques et de définir les solutions les plus appropriées. Un diagnostic acoustique professionnel s’appuie sur des mesures normées et des protocoles reconnus qui garantissent la pertinence des recommandations formulées.

Protocole de mesure du temps de réverbération RT60 dans les bureaux

Le temps de réverbération, mesuré selon la norme ISO 3382, constitue l’indicateur fondamental de la qualité acoustique d’un espace. Le RT60 représente le temps nécessaire pour que le niveau sonore diminue de 60 décibels après l’arrêt de la source sonore. Dans un open space, un RT60 optimal devrait se situer entre 0,4 et 0,6 seconde pour garantir une bonne intelligibilité de la parole tout en limitant la propagation du bruit. Cette mesure s’effectue à l’aide d’un sonomètre professionnel et d’une source sonore calibrée, généralement un pistolet générateur d’impulsions ou un haut-parleur omnidirectionnel. Les mesures sont réalisées à différents points de l’espace pour obtenir une cartographie complète. Un temps de réverbération trop élevé, fréquent dans les bureaux avec des surfaces dures et peu d’éléments absorbants, amplifie considérablement les nuisances sonores et crée cette sensation désagréable de « brouhaha permanent ».

Analyse des décibels et seuils réglementaires du code du travail

Le Code du travail français fixe des seuils d’exposition au bruit qui doivent être respectés par les employeurs. Si la valeur d’exposition quotidienne atteint 80 dB(A), l’employeur doit mettre à disposition des protections auditives individuelles. À partir de 85 dB(A), le port de ces protections devient obligatoire. Toutefois, ces seuils concernent principalement les environnements industriels bruyants. Pour les bureaux tertiaires, les recommandations sont bien plus strictes : le niveau sonore ambiant ne devrait pas dépasser 45 à 50 dB(A) dans les espaces nécessitant de la concentration, et 55 dB(A) dans les zones de communication. La norme NF S31-080 relative à l’acoustique des bureaux précise ces recommandations. Pour vous donner un ordre d’idée, une conversation normale se situe autour de 60 dB(A), tandis qu’un chuchotement atteint environ 30 dB(A). Dans un open space non traité acoustiquement, les niveaux peuvent facilement atteindre 65 à 70 dB(A), générant stress et fatigue pour les occupants.

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Cartographie des sources de nuisances phoniques en environnement tertiaire

Au-delà des chiffres, un diagnostic acoustique efficace passe par une véritable cartographie des sources de bruit au bureau. L’objectif est de comprendre d’où vient chaque nuisance et comment elle se propage dans l’espace. On distingue généralement les bruits extérieurs au bâtiment (trafic routier, voisinage, chantier), les bruits techniques (CVC, ventilation, imprimantes, serveurs) et les bruits d’activité humaine (conversations, appels, déplacements).

Concrètement, l’acousticien réalise une observation in situ à différents moments de la journée, complétée par des mesures de niveaux sonores en continu. Il identifie les zones les plus exposées (près des circulations, des open spaces denses, des zones d’accueil) et les zones sensibles (espaces de concentration, salles de réunion, postes nécessitant une forte attention). Cette cartographie sonore peut être représentée sous forme de plans annotés ou de « cartes de chaleur » indiquant les niveaux de bruit moyens, maximums et les pics de nuisance.

Cette étape est cruciale pour prioriser les actions : faut-il traiter en priorité le plafond de l’open space, isoler une salle de réunion trop réverbérante, déplacer des équipements bruyants ou revoir le zoning global ? En visualisant les nuisances sonores comme on visualise un plan d’éclairage ou de circulation, vous disposez d’une base solide pour bâtir un projet d’amélioration acoustique cohérent et rentable.

Évaluation de l’intelligibilité de la parole avec l’indice STI

La qualité acoustique d’un bureau ne se résume pas au niveau de décibels : la compréhension de la parole joue un rôle central, notamment dans les espaces de réunion, les centres d’appels ou les zones d’accueil. C’est là qu’intervient l’indice STI (Speech Transmission Index), un indicateur normalisé qui évalue l’intelligibilité de la parole sur une échelle de 0 à 1. Plus le STI est élevé, plus la parole est claire et facilement compréhensible.

Un STI supérieur à 0,6 est généralement considéré comme satisfaisant pour les bureaux et salles de réunion, alors qu’en dessous de 0,45, la compréhension devient difficile, obligeant les interlocuteurs à élever la voix. L’évaluation se fait à l’aide d’une source sonore qui diffuse un signal de test spécifique, et d’un analyseur qui mesure la façon dont ce signal est dégradé par la réverbération et le bruit de fond.

Pourquoi cet indice est-il si important ? Parce qu’il aide à trouver le bon compromis entre confidentialité et clarté de la parole. Dans un open space, on cherche à éviter que les conversations se propagent trop loin (et donc à réduire l’intelligibilité à distance), tout en préservant une bonne communication à courte portée. Grâce au STI, vous pouvez objectiver ces enjeux et dimensionner précisément vos solutions acoustiques : ajout de panneaux absorbants, traitement des plafonds, implantation de cloisons, ou recours au masquage sonore.

Solutions d’isolation phonique par traitement des parois et cloisons

Une fois le diagnostic acoustique établi, la première famille de solutions à considérer concerne le traitement des parois : murs, plafonds, cloisons et parfois même vitrages. L’objectif est double : réduire le temps de réverbération dans les bureaux et limiter la transmission des bruits d’un espace à l’autre. En agissant sur l’enveloppe de vos locaux, vous améliorez de manière globale le confort acoustique, sans perturber le fonctionnement quotidien des équipes.

Panneaux acoustiques absorbants en laine de roche et mousse mélamine

Les panneaux acoustiques muraux et plafonniers constituent la solution la plus courante pour traiter la réverbération dans les open spaces. Composés de matériaux poreux comme la laine de roche, la mousse mélamine ou les fibres de polyester, ils agissent comme de véritables « éponges sonores » : les ondes sonores pénètrent dans le matériau et s’y dissipent sous forme de chaleur, au lieu de rebondir sur des surfaces dures.

En pratique, ces panneaux se déclinent en formats rectangulaires, carrés ou sur mesure, habillés de tissus décoratifs ou de finitions techniques. Selon leur épaisseur et leur densité, ils affichent un coefficient d’absorption élevé, notamment dans les fréquences de la voix (500 Hz – 2000 Hz), là où se situent la majorité des nuisances en bureau. Installés en quantité suffisante – souvent sur 30 à 60 % des surfaces disponibles – ils permettent de ramener le temps de réverbération RT60 dans la plage recommandée pour un environnement tertiaire.

Pour optimiser votre investissement, il est conseillé de cibler en priorité les premières surfaces de réflexion : murs arrière des postes de travail, parois latérales dans le champ de la parole, zones de réunion et plafonds au-dessus des zones les plus utilisées. Vous pouvez ainsi corriger l’acoustique de vos bureaux sans engager de lourds travaux, avec des solutions installables en quelques heures et réversibles en cas de réaménagement futur.

Cloisons amovibles phoniques certifiées acustikit et clipso

Lorsque le besoin va au-delà de la simple correction de réverbération et qu’il s’agit de séparer des espaces, les cloisons amovibles phoniques prennent le relais. Ces systèmes, souvent certifiés par des marques spécialisées comme Acustikit ou Clipso, combinent isolation et flexibilité. Ils se composent de structures métalliques ou aluminium, de parements en plaque de plâtre ou en textile tendu, et d’un remplissage isolant (laine minérale, mousse haute densité).

Leur performance se mesure en indice d’affaiblissement acoustique (Rw), généralement compris entre 35 et 50 dB pour les cloisons de bureau. Concrètement, cela signifie qu’une conversation normale pourra être fortement atténuée, voire quasiment inaudible, d’une pièce à l’autre. Les cloisons vitrées à rupture de pont phonique offrent, de leur côté, un bon compromis entre transparence visuelle et isolation acoustique, à condition de choisir des vitrages feuilletés et des joints adaptés.

Le grand avantage de ces cloisons amovibles est leur modularité : elles se démontent et se reconfigurent au gré des évolutions de votre organisation, sans intervention lourde sur le bâti. Vous pouvez ainsi créer des salles de réunion, des bureaux fermés ou des espaces de confidentialité au cœur de l’open space, tout en maîtrisant le bruit ambiant et en respectant les contraintes de votre bail.

Faux plafonds suspendus avec baffles acoustiques armstrong et ecophon

Le plafond est souvent la surface la plus sous-exploitée dans les projets d’acoustique de bureau, alors qu’il joue un rôle clé dans la propagation du son. Les faux plafonds suspendus équipés de dalles acoustiques Armstrong ou Ecophon permettent d’apporter une forte capacité d’absorption sur une grande surface, sans empiéter sur les m² utiles au sol. Ces dalles, généralement en laine de roche ou en fibre de verre, affichent des coefficients d’absorption élevés (jusqu’à αw = 1,00).

Dans les espaces à grande hauteur ou avec un plafond béton apparent, l’utilisation de baffles suspendus – des éléments verticaux ou horizontaux fixés sous le plafond – est particulièrement intéressante. Ils cassent les réflexions sonores verticales, réduisent la réverbération et améliorent le confort acoustique, tout en offrant des possibilités esthétiques variées (formes, couleurs, épaisseurs). C’est un peu comme installer « un nuage » absorbant au-dessus des équipes.

Ces solutions de plafonds suspendus sont recommandées dans les open spaces, les cafétérias, les halls d’accueil et les restaurants d’entreprise, où les niveaux sonores peuvent rapidement monter. Bien dimensionnées, elles permettent d’obtenir une ambiance beaucoup plus douce, avec moins d’écho, ce que les collaborateurs perçoivent immédiatement dès leur entrée dans la pièce.

Revêtements muraux textiles acoustiques à coefficient d’absorption αw

Les revêtements muraux textiles acoustiques combinent performance phonique et esthétique. Déclinés sous forme de tapisseries techniques, de textiles tendus ou de panneaux décoratifs, ils apportent une absorption répartie sur les surfaces verticales, tout en habillant les bureaux de manière chaleureuse. Leur efficacité se mesure grâce au coefficient d’absorption pondéré αw, qui indique la part d’énergie sonore absorbée par le matériau.

Un revêtement affichant un αw de 0,6 à 0,8 contribue déjà significativement à la réduction de la réverbération dans un espace. En pratique, ces solutions sont souvent installées dans les zones de circulation, les couloirs, les têtes de couloir d’open space et les salles de réunion, là où les murs nus provoquent des réflexions désagréables. En recouvrant 20 à 40 % de ces surfaces, vous améliorez notablement le confort acoustique, tout en renforçant l’identité visuelle de vos locaux.

Par rapport à des panneaux ponctuels, les revêtements muraux offrent une continuité visuelle et une meilleure homogénéité acoustique. Ils sont particulièrement pertinents dans les projets de rénovation globale ou lors d’un déménagement, quand vous souhaitez intégrer l’acoustique dès la conception, au même titre que l’éclairage ou l’ergonomie du mobilier.

Aménagement spatial et zonage fonctionnel pour réduire les interférences sonores

Traiter les surfaces ne suffit pas toujours : la façon dont vous organisez vos espaces de travail a un impact déterminant sur l’acoustique. Un bon aménagement spatial permet de limiter les interférences sonores en regroupant les activités compatibles et en éloignant les sources de bruit des zones de concentration. C’est ce qu’on appelle le zonage fonctionnel, une approche qui combine space planning et performance acoustique.

Mise en place de phone box et cabines acoustiques framery et hushoffice

Les phone box et cabines acoustiques, proposées par des fabricants comme Framery ou Hushoffice, sont devenues des incontournables dans les open spaces modernes. Ce sont de véritables « pièces dans la pièce », préfabriquées, ventilées et éclairées, offrant un haut niveau d’isolation phonique. Elles permettent de passer des appels, de participer à des visioconférences ou de travailler en focus sans déranger ses collègues – et sans être dérangé.

Selon les modèles, ces cabines peuvent accueillir une personne, deux, voire quatre personnes pour des réunions rapides. Leur isolation acoustique, souvent supérieure à 30 dB, garantit une bonne confidentialité des échanges. C’est un peu l’équivalent d’un bouton « mute » pour le bureau : dès qu’un collaborateur a besoin de calme ou doit traiter un sujet sensible, il peut s’y réfugier.

L’un des principaux avantages de ces solutions tient à leur flexibilité : elles ne nécessitent pas de travaux lourds, se montent en quelques heures et peuvent être déplacées en cas de réaménagement. En ajoutant quelques cabines stratégiquement positionnées – près des zones téléphoniques, dans les espaces de collaboration ou à proximité de l’accueil – vous réduisez fortement le nombre d’appels effectués en plein open space, ce qui profite à l’ensemble des équipes.

Création de bulles de concentration avec cloisons semi-hauteur

Toutes les activités n’exigent pas une isolation totale. Pour les tâches demandant simplement un peu plus de calme, la création de « bulles de concentration » à l’aide de cloisons semi-hauteur est particulièrement efficace. Ces cloisons, d’environ 140 à 170 cm, délimitent des îlots de travail plus intimes sans cloisonner complètement l’espace ni nuire à la lumière naturelle.

En termes acoustiques, ces cloisons brisent la ligne de visée entre les sources de bruit (collègues, circulations, imprimantes) et les collaborateurs concentrés. Elles réduisent ainsi le son direct et les distractions visuelles, tout en permettant une circulation fluide de l’air et de la lumière. En y intégrant des matériaux absorbants (tissu, feutre, laine minérale), vous améliorez encore leur efficacité, en particulier dans les fréquences de la voix.

Vous pouvez par exemple aménager des rangées de postes « focus » bordées de cloisons semi-hauteur, éloignées des zones de réunion informelle et des espaces de convivialité. Combinées à une charte d’usage des espaces (zones silencieuses versus zones de dialogue), ces bulles de concentration deviennent de véritables refuges pour les collaborateurs qui ont besoin de travailler en profondeur sur un dossier.

Disposition stratégique des postes de travail selon la méthode activity based working

La méthode Activity Based Working (ABW) consiste à concevoir les bureaux non plus autour de postes fixes, mais autour des activités réellement exercées par les collaborateurs : concentration, collaboration, échanges informels, appels, créativité, etc. Appliquée à l’acoustique, cette approche permet de placer chaque type d’activité dans une zone acoustiquement adaptée, limitant les conflits d’usage.

Concrètement, vous pouvez organiser vos plateaux en plusieurs zones : espaces calmes pour la concentration, zones de collaboration pour les projets collectifs, zones de passage et de convivialité (cuisine, café, lounge), espaces d’appels équipés de phone box. Les équipes dont l’activité est naturellement plus bruyante (commercial, support téléphonique, recrutement) seront implantées à distance des pôles nécessitant du silence (comptabilité, juridique, rédactionnel).

En travaillant de cette manière, vous transformez la disposition des postes en véritable outil de gestion du bruit. Plutôt que de lutter sans cesse contre les nuisances sonores, vous anticipez les besoins et créez des environnements alignés sur les usages. C’est un peu comme organiser un orchestre : en plaçant chaque instrument au bon endroit, vous obtenez une harmonie globale, même si certains jouent plus fort que d’autres.

Mobilier et équipements acoustiques pour absorber le bruit ambiant

Une fois le bâti traité et l’espace intelligemment organisé, le mobilier devient un levier complémentaire pour affiner le confort acoustique. De nombreux fabricants intègrent désormais des matériaux absorbants et des formes enveloppantes directement dans les bureaux, sièges et accessoires. Ces solutions permettent de traiter le bruit au plus près des utilisateurs, sans multiplier les travaux.

Écrans de séparation bureau en PET recyclé et tissus phoniques

Les écrans de séparation installés sur les plans de travail sont une réponse simple et efficace pour limiter le bruit de proximité. Réalisés en PET recyclé, en feutre ou en tissus phoniques, ils absorbent une partie des ondes sonores émises par les conversations, les claviers et les équipements, tout en créant une intimité visuelle bienvenue.

En plus de leur rôle d’absorption, ces écrans jouent un rôle de barrière au son direct, réduisant la propagation des voix d’un poste à l’autre. Ils sont particulièrement utiles dans les benchs de travail face à face ou côte à côte, où les collaborateurs sont très proches. Selon leur épaisseur et leur hauteur, ils peuvent contribuer significativement à la baisse du niveau de bruit perçu.

Fabriqués en partie à partir de PET recyclé, ces équipements s’inscrivent aussi dans une démarche RSE, en valorisant des matériaux issus du recyclage de bouteilles plastiques. Vous améliorez ainsi à la fois le confort acoustique et l’empreinte environnementale de vos bureaux, ce qui est de plus en plus apprécié par les collaborateurs et les visiteurs.

Sièges ergonomiques à dossier haut isolant de steelcase et herman miller

Les sièges ergonomiques de nouvelle génération ne se contentent plus de soutenir le dos : certains modèles à dossier haut ou avec « capuche » intégrée créent une enveloppe partielle autour de l’utilisateur, offrant une isolation acoustique relative. Les fabricants comme Steelcase ou Herman Miller proposent ainsi des fauteuils et alcôves individuelles qui atténuent les bruits environnants.

Grâce à leurs formes englobantes et à l’utilisation de textiles et mousses absorbantes, ces sièges réduisent la perception du brouhaha ambiant et limitent la projection de la voix de l’utilisateur vers l’extérieur. Ils sont particulièrement adaptés aux zones de coworking, aux bibliothèques d’entreprise ou aux espaces détente où l’on souhaite pouvoir se concentrer ponctuellement sans s’isoler dans une salle fermée.

En combinant ergonomie posturale et confort acoustique, ces solutions participent directement au bien-être des collaborateurs : moins de tensions physiques, moins de fatigue mentale liée au bruit, et une sensation agréable de « bulle » personnelle, même dans un environnement partagé.

Claustras végétalisés et murs acoustiques modulaires buzzispace

Les claustras végétalisés et les murs acoustiques modulaires apportent une réponse à la fois esthétique et fonctionnelle aux problématiques sonores. Composés de structures ajourées en bois ou en métal, parfois habillées de plantes naturelles ou artificielles, ils créent des séparations visuelles douces tout en contribuant à l’absorption sonore. Les solutions proposées par des marques comme Buzzispace combinent panneaux feutrés, formes organiques et modules végétalisables.

Placés entre deux zones de travail, le long des circulations ou autour des espaces de convivialité, ces claustras cassent les trajectoires directes du son et créent des micro-zones plus calmes. Les plantes, par leur volume et leur feuillage, participent également à la diffusion et à la légère absorption des ondes sonores, tout en améliorant la qualité perçue de l’environnement de travail.

Ces éléments modulaires offrent aussi une grande flexibilité de réaménagement : ils se déplacent facilement, se reconfigurent et peuvent évoluer au rythme de l’entreprise. En misant sur ces solutions hybrides, vous traitez le bruit au bureau sans sacrifier l’esthétique ni la convivialité de vos espaces.

Technologies de masquage sonore et ambiance acoustique contrôlée

Lorsque les solutions passives (isolation, absorption, aménagement) ont été optimisées mais que vous souhaitez encore améliorer le confort, les technologies de masquage sonore constituent un dernier levier performant. L’idée peut sembler paradoxale : ajouter du son pour réduire la gêne. Pourtant, bien paramétrés, ces systèmes créent une ambiance acoustique plus homogène, dans laquelle les conversations deviennent moins intelligibles et donc moins perturbantes.

Systèmes de sound masking avec générateurs de bruit rose et blanc

Les systèmes de sound masking reposent sur la diffusion contrôlée de signaux sonores neutres – souvent du bruit blanc ou du bruit rose – via un réseau de petits haut-parleurs répartis dans les plafonds. Ces sons, calibrés en niveau et en fréquence, viennent « remplir » le silence entre les conversations, de sorte que les variations de volume liées à une voix isolée deviennent moins perceptibles.

Le bruit blanc est un signal qui contient toutes les fréquences audibles avec la même énergie, tandis que le bruit rose distribue davantage d’énergie dans les basses fréquences, ce qui le rend en général plus agréable à l’oreille pour un usage prolongé. En pratique, les fabricants utilisent des profils sonores optimisés pour les environnements de bureau, afin de garantir un confort d’écoute sur la durée.

Bien réglés, ces systèmes ne donnent pas l’impression d’un « fond sonore artificiel » mais plutôt d’une ambiance douce et stable, un peu comme un léger souffle de ventilation. Ils améliorent la confidentialité des échanges, réduisent la distance à laquelle une conversation reste intelligible et aident les collaborateurs à maintenir leur concentration, même dans des open spaces denses.

Solutions de diffusion sonore cambridge sound management et soft db

Des acteurs spécialisés comme Cambridge Sound Management ou Soft dB ont développé des solutions complètes de diffusion sonore dédiées aux environnements tertiaires. Leurs systèmes intègrent des générateurs de signaux, des amplificateurs, des haut-parleurs discrets et des logiciels de paramétrage permettant d’ajuster finement le niveau et la courbe fréquentielle dans chaque zone de bureau.

Grâce à une approche zonée, il est possible de créer des ambiances différentes selon les espaces : un niveau de masquage sonore plus élevé dans les open spaces très denses, un niveau plus faible dans les zones de concentration ou les bibliothèques, voire aucune diffusion dans les salles de réunion nécessitant une écoute très fine. Les réglages peuvent être adaptés au fil du temps, en fonction des retours des collaborateurs.

Ces solutions sont particulièrement pertinentes dans les bâtiments existants où l’on souhaite améliorer la confidentialité sans engager de travaux lourds. Elles viennent en complément des traitements passifs, comme une dernière couche d’ajustement du « paysage sonore » des bureaux, un peu comme on ajusterait la luminosité d’un espace après avoir choisi les bons luminaires.

Paramétrage des fréquences de recouvrement pour optimiser la concentration

La réussite d’un projet de masquage sonore repose en grande partie sur le paramétrage des fréquences et des niveaux de diffusion. L’objectif est de viser ce que l’on appelle les fréquences de recouvrement de la voix humaine, principalement entre 400 Hz et 4000 Hz. En augmentant légèrement le niveau sonore dans cette bande, on réduit la portée de l’intelligibilité des conversations, sans pour autant créer une gêne pour les occupants.

Un réglage trop fort ou mal calibré peut au contraire générer de la fatigue ou être perçu comme un bruit parasite supplémentaire. C’est pourquoi il est recommandé de faire appel à des spécialistes, capables de procéder à des tests in situ, de mesurer l’impact sur les indices d’intelligibilité (STI) et de recueillir les retours des usagers. L’ajustement se fait ensuite progressivement, sur plusieurs jours ou semaines.

En trouvant le bon équilibre, vous obtenez un environnement où le « fond sonore contrôlé » agit comme un voile discret : les conversations deviennent moins discernables à distance, les pics de bruit sont moins marqués et les collaborateurs peuvent se concentrer plus facilement, sans avoir le sentiment d’être plongés dans le silence absolu ni dans le vacarme.

Charte acoustique et sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques

Aucune solution technique ne sera pleinement efficace sans l’adhésion des collaborateurs. Le confort acoustique au bureau repose aussi sur des comportements partagés et des règles de vie communes. Mettre en place une charte acoustique permet de formaliser ces bonnes pratiques et de rappeler que chacun a un rôle à jouer pour limiter les nuisances sonores en open space.

Cette charte peut aborder plusieurs aspects : utilisation des espaces (zones silencieuses, zones de discussion, phone box pour les appels), gestion des sonneries de téléphones et des notifications, volume des échanges informels, respect des réunions en visio (casques, micro coupé quand on ne parle pas), ou encore adoption de signaux simples pour indiquer qu’une personne est en phase de concentration (casque sur les oreilles, indicateur visuel sur l’écran, etc.).

Pour qu’elle soit acceptée, cette démarche doit être co-construite avec les équipes, par exemple via des ateliers ou des sondages internes. Vous pouvez également organiser des sessions de sensibilisation animées par un acousticien ou un spécialiste de la qualité de vie au travail, afin d’expliquer les enjeux du bruit sur la santé, la productivité et le bien-être. En donnant du sens aux règles, vous favorisez l’engagement de chacun.

Enfin, n’oubliez pas de faire vivre cette charte dans le temps : affichage dans les espaces communs, rappels réguliers lors des réunions d’équipe, retours d’expérience sur les aménagements réalisés. Le confort acoustique n’est pas un état figé, mais un équilibre à entretenir, au fur et à mesure que vos modes de travail, vos effectifs et vos espaces évoluent.

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