La pause café représente bien plus qu’un simple moment de détente dans l’univers professionnel moderne. Elle constitue un véritable catalyseur social qui favorise les échanges informels, stimule la créativité et renforce la cohésion des équipes. Face aux défis du télétravail et de la nécessité de fidéliser les talents, l’aménagement d’un espace café devient un enjeu stratégique majeur pour les entreprises. Cette approche holistique de l’environnement de travail transforme un simple service en un puissant outil de workplace management qui influence directement la satisfaction des collaborateurs et leur engagement quotidien.
Analyse ergonomique et spatiale pour l’implantation d’un coin café professionnel
L’implantation d’un espace café en entreprise nécessite une approche méthodique qui intègre les principes ergonomiques et les contraintes spatiales spécifiques à chaque organisation. Cette démarche scientifique permet d’optimiser l’utilisation de l’espace tout en garantissant le confort et la sécurité des utilisateurs. L’analyse préliminaire doit tenir compte des flux de circulation existants, des contraintes architecturales et des besoins spécifiques de chaque population d’utilisateurs.
La conception ergonomique d’un coin café professionnel s’appuie sur des données anthropométriques précises et des études comportementales qui révèlent les habitudes de consommation des collaborateurs. Cette approche data-driven permet de dimensionner avec précision les différentes zones fonctionnelles et d’anticiper les pics d’affluence. L’intégration harmonieuse dans l’écosystème bureautique existant constitue également un défi technique qui requiert une expertise spécialisée en aménagement d’espaces tertiaires.
Calcul de l’espace minimal requis selon les normes ERP et code du travail
Le dimensionnement d’un espace café professionnel obéit à des règles strictes définies par le code du travail et les normes relatives aux établissements recevant du public. La surface minimale requise se calcule selon la formule de 1,5 m² par utilisateur simultané, avec une surface plancher minimale de 6 m² pour garantir une circulation fluide. Cette surface comprend les zones de préparation, de consommation et les dégagements nécessaires à l’évacuation d’urgence.
Les normes d’accessibilité PMR (Personnes à Mobilité Réduite) imposent des contraintes supplémentaires qui influencent significativement la conception spatiale. La largeur minimale de passage de 1,40 mètre, la hauteur des plans de travail entre 70 et 80 centimètres, et l’aire de manœuvre de 1,50 mètre de diamètre constituent des impératifs techniques non négociables. Ces exigences réglementaires garantissent l’égalité d’accès et renforcent l’image inclusive de l’entreprise.
Optimisation des flux de circulation et zones de passage obligatoires
L’analyse des flux de circulation constitue un élément déterminant dans la conception d’un espace café efficace et sécurisé. Cette étude comportementale révèle les habitudes de déplacement des utilisateurs et permet d’identifier les goulots d’étranglement potentiels. La modélisation des flux permet d’optimiser le positionnement des équipements et de réduire les temps d’attente aux heures de pointe.
Les zones de passage obligatoires doivent respecter une largeur minimale de 0,90 mètre pour un passage simple et de 1,40 mètre pour un passage double. Cette dimension garantit une circulation fluide même lors des pics d’affluence mat
uite. La séparation claire entre zones de préparation, de circulation et de consommation permet également de limiter les croisements inutiles et d’améliorer la sécurité, notamment autour des points d’eau et des prises électriques.
Dans les environnements à forte densité (open spaces de plus de 50 postes, plateaux multi-équipes), il est recommandé de recourir à un schéma de circulation en boucle plutôt qu’en impasse. Cette configuration évite les demi-tours, réduit la sensation d’encombrement et fluidifie le passage aux heures de pointe. En pratique, vous pouvez par exemple prévoir une zone d’attente en amont des machines, clairement matérialisée au sol, et une sortie distincte vers les espaces de travail, à l’image des flux pensés dans la restauration collective.
Intégration architecturale dans les espaces de coworking et bureaux ouverts
Dans les espaces de coworking et les bureaux ouverts, le coin café doit s’intégrer architecturalement sans créer de nuisance sonore ou visuelle. L’enjeu consiste à concevoir un workplace café comme une extension naturelle de l’open space, tout en maintenant un niveau de confort acoustique suffisant pour les équipes concentrées à proximité. Les solutions d’intégration incluent l’utilisation de cloisons semi-ouvertes, de claustras bois, de jardinières hautes ou de panneaux acoustiques suspendus pour délimiter subtilement la zone.
Le traitement des matériaux joue un rôle clé dans cette intégration. Les revêtements absorbants (moquette, vinyle acoustique, panneaux feutrés) limitent la réverbération des conversations, tandis que les revêtements muraux texturés cassent les ondes sonores. Sur le plan visuel, le choix d’une palette de couleurs en cohérence avec la charte graphique de l’entreprise permet d’affirmer l’identité de la marque employeur, tout en signalant clairement la fonction conviviale de l’espace café. Vous pouvez ainsi créer un contraste volontaire avec les zones de travail plus neutres, comme on le ferait pour différencier une bibliothèque d’un salon dans un intérieur domestique.
Dans les coworkings multi-entreprises, l’espace café devient souvent un véritable hub communautaire. Il est alors pertinent de le positionner au croisement des principaux axes de circulation (accueil, salles de réunion, ascenseurs) afin de maximiser les rencontres fortuites. Cette intégration architecturale doit néanmoins respecter les contraintes d’évacuation et de sécurité incendie : les dégagements et issues de secours doivent rester parfaitement dégagés, et la signalétique réglementaire rester visible, même en présence de mobilier et d’éléments décoratifs.
Solutions d’aménagement modulaires pour PME et start-ups
Les PME et start-ups évoluent dans des environnements par nature changeants : croissance rapide des effectifs, déménagements fréquents, réorganisation des plateaux. Dans ce contexte, un coin café modulable constitue un atout stratégique, car il peut être reconfiguré facilement en fonction des besoins. Les solutions d’aménagement sur roulettes (meubles bas mobiles, dessertes, paravents acoustiques modulaires) permettent par exemple de transformer un simple linéaire de café en véritable coffee corner collaboratif lors d’un petit-déjeuner d’équipe ou d’un town hall.
Opter pour du mobilier léger, empilable ou pliant facilite également ces reconfigurations régulières. Des tables hautes à plateaux rabattables, des tabourets empilables et des bancs modulaires peuvent être rangés en dehors des heures de pointe pour dégager de l’espace, puis ressortis pour les événements internes. Cette logique de modularité s’apparente à un jeu de construction : chaque module peut être combiné aux autres pour créer tantôt un espace de pause intimiste, tantôt une zone de convivialité pour 30 personnes.
Sur le plan technique, la modularité suppose aussi de prévoir des arrivées électriques et, si possible, des arrivées d’eau judicieusement réparties. L’utilisation de goulottes au sol, de colonnes techniques ou de boîtiers de sol permet de déplacer les machines à café professionnelles et les fontaines à eau sans gros travaux. Vous gagnez ainsi en agilité et pouvez adapter votre coin café d’entreprise à l’évolution de vos modes de travail, sans remettre en cause tout l’aménagement.
Sélection et dimensionnement des équipements de distribution de boissons chaudes
Une fois l’implantation spatiale définie, la sélection et le dimensionnement des équipements deviennent le cœur du projet. La machine à café professionnelle, les systèmes de distribution de boissons et les équipements associés conditionnent directement l’expérience utilisateur et la perception de qualité de votre coin café. L’objectif est de trouver le bon équilibre entre capacité, diversité des boissons, facilité d’utilisation et maîtrise des coûts opérationnels.
Pour dimensionner correctement vos équipements, il est recommandé de partir d’un indicateur simple : le nombre moyen de boissons chaudes consommées par collaborateur et par jour. En France, on observe généralement entre 2 et 4 boissons par jour et par personne au bureau. En multipliant ce volume par le nombre de collaborateurs présents sur site et en prenant en compte les pics de consommation (matinée, après-déjeuner), vous pouvez estimer le débit nécessaire et choisir des machines adaptées à un usage intensif ou semi-intensif.
Machines à café automatiques jura, saeco et De’Longhi pour usage intensif
Les machines à café automatiques à grains de marques professionnelles comme Jura, Saeco ou De’Longhi représentent aujourd’hui la solution de référence pour un coin café d’entreprise orienté qualité et durabilité. Ces automates préparent sur demande espresso, allongés, cafés crème, cappuccinos et latte macchiato à partir de café en grains fraîchement moulus, ce qui améliore significativement le goût et réduit l’empreinte environnementale par rapport aux capsules.
Pour un plateau de 20 à 40 collaborateurs, un modèle automatique de capacité moyenne (réservoir de grains 500–1 000 g, bac à marc d’au moins 25 galettes, réservoir d’eau intégré ou raccordement réseau) est généralement suffisant. Au-delà de 50 à 60 utilisateurs quotidiens, il est conseillé de passer à des machines à café professionnelles avec raccordement direct à l’eau, moulin renforcé et groupes d’extraction prévus pour plusieurs centaines de boissons par jour. Les gammes professionnelles Jura GIGA ou Saeco Aulika, par exemple, sont conçues pour ces usages intensifs.
Le choix du modèle doit également intégrer l’ergonomie et la simplicité d’utilisation. Des interfaces tactiles claires, des recettes préprogrammées et des pictogrammes explicites réduisent le temps de prise en main et les erreurs de manipulation. Vous pouvez aller plus loin en paramétrant différentes intensités de café ou volumes de tasse, afin de s’adapter aux habitudes de vos équipes. Un peu comme un barista qui connaît les préférences de ses habitués, la machine devient ainsi un véritable service personnalisé.
Systèmes de distribution par capsules nespresso professional et alternatives
Les systèmes de distribution par capsules, comme Nespresso Professional, restent une option pertinente pour certains environnements, notamment les petites structures, les salles de réunion VIP ou les espaces d’accueil clients. Leur principale force réside dans la constance de la qualité en tasse, la grande variété d’origines et d’intensités, ainsi que la simplicité de maintenance. Pour un coin café haut de gamme destiné à impressionner des visiteurs, une machine Nespresso Momento ou Gemini peut constituer un excellent complément à une machine à grains principale.
Du point de vue opérationnel, ces systèmes sont particulièrement intéressants lorsque les consommations sont irrégulières ou réparties sur plusieurs petits sites. Cependant, ils génèrent davantage de déchets et nécessitent une gestion rigoureuse du tri et du recyclage des capsules en aluminium. Il est donc indispensable de mettre en place des collecteurs dédiés et de s’appuyer sur les filières de recyclage proposées par les fabricants, afin de concilier confort d’usage et démarche RSE.
Des alternatives existent également sous forme de capsules compostables ou de dosettes souples pour les entreprises souhaitant limiter leur impact environnemental tout en conservant la praticité du mono-dose. Dans ce cas, il convient de vérifier la compatibilité des consommables avec la machine choisie, ainsi que la capacité de celle-ci à supporter un usage intensif. Un mauvais dimensionnement conduit rapidement à des pannes récurrentes et à une expérience utilisateur dégradée, avec un effet direct sur l’image du coin café.
Intégration de fontaines à eau filtrée waterlogic et culligan
Un coin café d’entreprise performant ne se limite pas au café : l’accès à une eau potable de qualité fait partie des obligations légales et des attentes fortes des collaborateurs. L’intégration de fontaines à eau filtrée de marques comme Waterlogic ou Culligan permet de proposer une eau fraîche, tempérée ou pétillante, tout en réduisant la consommation de bouteilles plastiques. Ces fontaines réseau, raccordées à l’arrivée d’eau, filtrent les impuretés et améliorent le goût de l’eau, ce qui bénéficie aussi à la qualité des boissons chaudes.
Le dimensionnement des fontaines dépend du nombre d’utilisateurs et des usages : simple hydratation, remplissage de carafes pour les salles de réunion, préparation de thés et infusions, etc. Pour un effectif de 25 à 40 personnes, une fontaine réseau avec débit de 20 à 30 litres par heure est généralement suffisante. Au-delà de 50 collaborateurs, il est pertinent de multiplier les points d’eau pour éviter les files d’attente et respecter les distances de marche raisonnables, soit idéalement moins de 30 à 40 mètres depuis chaque poste de travail.
Sur le plan pratique, l’intégration des fontaines à eau dans le coin café doit respecter les mêmes contraintes d’accessibilité et de sécurité que les autres équipements. Prévoyez un espace de manœuvre suffisant devant la fontaine, une protection adaptée des branchements et un écoulement des eaux usées conforme aux normes. Vous pouvez également harmoniser l’esthétique de la fontaine (habillage bois, intégration dans un meuble sur mesure) avec le reste du mobilier afin de créer une continuité visuelle cohérente.
Solutions de réfrigération pour produits laitiers et boissons fraîches
La présence d’un dispositif de réfrigération dédié dans le coin café renforce considérablement le confort d’usage : stockage de lait frais, boissons végétales, jus de fruits, boissons fraîches et snacks réfrigérés. Les réfrigérateurs de comptoir vitrés, souvent utilisés en hôtellerie-restauration, constituent une solution compacte et visuellement attractive. Ils permettent aux collaborateurs de visualiser immédiatement l’offre disponible, ce qui fluidifie la prise de décision et limite les temps d’ouverture de porte.
Pour un usage strictement lié aux boissons chaudes (lait, boissons végétales, quelques softs), un réfrigérateur de 80 à 150 litres suffit généralement jusqu’à 30–40 utilisateurs. Au-delà, ou si vous proposez des offres complémentaires (yaourts, desserts, encas frais), il peut être pertinent d’opter pour un réfrigérateur de 200 à 300 litres, voire pour plusieurs unités réparties dans différents coins café. Pensez également à la consommation énergétique : privilégiez les appareils classés en bonnes catégories d’efficacité, afin de limiter l’impact sur vos charges d’exploitation.
Enfin, la localisation de ces équipements de froid doit tenir compte des contraintes acoustiques et thermiques. Un groupe froid trop bruyant à proximité immédiate des postes de travail risque de générer une gêne durable. Il est donc préférable de l’installer au sein de la zone café ou dans un renfoncement ventilé, tout en garantissant un accès facile pour le nettoyage et le dégivrage. Une bonne ventilation arrière et latérale prolonge la durée de vie du matériel et réduit les risques de surchauffe.
Protocoles d’hygiène alimentaire HACCP et maintenance préventive
L’exploitation d’un coin café professionnel ne peut se concevoir sans un cadre d’hygiène strict, inspiré des principes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). Même si la plupart des espaces café d’entreprise ne relèvent pas de la restauration collective au sens strict, ils manipulent des denrées alimentaires (lait, snacks, fruits, pâtisseries) et de l’eau, et voient défiler chaque jour de nombreux utilisateurs. Une organisation rigoureuse des tâches de nettoyage, de désinfection et de contrôle des équipements est donc indispensable pour garantir la sécurité sanitaire.
La mise en place de protocoles écrits, de fiches de procédures et de plannings de nettoyage visibles dans l’espace (ou accessibles via l’intranet) contribue à clarifier les responsabilités entre employés, service général et prestataires externes. Vous transformez ainsi une contrainte réglementaire en véritable outil de facility management, au service de la qualité de vie au travail et de la marque employeur.
Plan de nettoyage quotidien et désinfection des surfaces de contact
Un plan de nettoyage quotidien structuré constitue la première ligne de défense contre les contaminations croisées et les mauvaises odeurs dans un coin café. Il doit détailler, pour chaque plage horaire, les surfaces à traiter (plans de travail, poignées, boutons de machines, robinets, tables, poubelles), les produits utilisés et les personnes responsables. Dans de nombreuses entreprises, un passage matin et midi par le service de propreté est complété par des actions légères réalisées par les collaborateurs eux-mêmes (essuyage ponctuel, évacuation des déchets).
Les surfaces de contact élevé, comme les claviers tactiles des machines à café, les boutons de distribution et les poignées de réfrigérateurs, nécessitent une attention particulière. L’utilisation de lingettes désinfectantes ou de sprays virucides et bactéricides conformes aux normes en vigueur permet de limiter la propagation des germes, en particulier lors des pics épidémiques saisonniers. Vous pouvez également installer des distributeurs de gel hydroalcoolique à l’entrée de l’espace café, afin d’encourager les bonnes pratiques d’hygiène individuelle.
Sur un plan plus organisationnel, l’affichage de consignes simples (“Nettoyez après votre passage”, “Videz le bac d’égouttage en fin de journée”, etc.) et la mise à disposition de matériel adapté (éponges, chiffons microfibres, sacs-poubelles) facilitent l’appropriation de ces gestes par les équipes. À l’image d’une cuisine partagée, un coin café propre et bien tenu est le résultat d’une responsabilité partagée entre l’entreprise et les collaborateurs.
Traçabilité des produits périssables et rotation des stocks FIFO
La gestion des produits périssables dans un espace café (lait frais, boissons végétales, jus, yaourts, snacks frais) impose une traçabilité et une rotation rigoureuses des stocks. L’application du principe FIFO (First In, First Out) consiste à consommer en priorité les références les plus anciennes et à placer les nouveaux produits à l’arrière des étagères ou du réfrigérateur. Ce simple réflexe réduit significativement le gaspillage alimentaire et minimise le risque de consommation de produits périmés.
Pour les structures de taille moyenne et grande, il est recommandé de tenir un registre de réception des marchandises, mentionnant les dates limites de consommation (DLC) et les quantités entrantes. Ce registre peut être papier ou numérique, selon le niveau de sophistication souhaité. Certaines entreprises vont plus loin en recourant à des étiquettes couleur indiquant la semaine de consommation recommandée, ce qui simplifie la visualisation pour les utilisateurs et les équipes de support.
En complément, un contrôle visuel hebdomadaire du contenu des réfrigérateurs et des placards permet d’identifier les produits arrivant à échéance et d’adapter si besoin la fréquence des livraisons. Vous pouvez par exemple prévoir des opérations “anti-gaspi” en mettant en avant les produits à consommer rapidement, sous forme de petit-déjeuners d’équipe ou de pauses gourmandes. Cette logique de traçabilité s’inscrit pleinement dans une démarche RSE et contribue à sensibiliser les collaborateurs à une consommation responsable.
Contrats de maintenance préventive et curative avec prestataires spécialisés
Les machines à café professionnelles, fontaines à eau et équipements de froid sont des matériels techniques qui nécessitent une maintenance régulière pour garantir leur performance et leur longévité. La mise en place de contrats de maintenance préventive avec des prestataires spécialisés (torréfacteurs, fournisseurs de machines, sociétés de gestion de l’eau) permet d’anticiper les pannes, de planifier les détartrages, changements de filtres et révisions générales à des intervalles adaptés à l’usage réel.
Ces contrats incluent souvent des visites périodiques (trimestrielles, semestrielles ou annuelles) au cours desquelles les techniciens contrôlent les paramètres de fonctionnement, remplacent les pièces d’usure et vérifient la conformité sanitaire (circuit d’eau, groupes café, buses vapeur). L’investissement dans cette maintenance préventive se révèle largement rentable si l’on considère le coût d’une machine immobilisée ou d’un remplacement prématuré lié à un manque d’entretien.
Parallèlement, il est important de disposer d’un dispositif de maintenance curative réactif, avec des engagements de temps d’intervention (SLA) clairs. Une panne de machine à café sur un site de plusieurs centaines de collaborateurs peut générer une forte frustration et impacter la dynamique sociale du bureau. Prévoir des solutions de secours (machine de back-up, redondance des équipements, points café secondaires) fait partie d’une approche de gestion des risques cohérente, au même titre que la continuité de service pour les systèmes informatiques.
Impact psychosocial du workplace café sur la cohésion d’équipe
Au-delà des aspects techniques, architecturaux et réglementaires, le coin café d’entreprise exerce un impact psychosocial majeur sur la vie des équipes. De nombreuses études en psychologie du travail et en sociologie des organisations montrent que les interactions informelles, notamment autour de la machine à café, jouent un rôle déterminant dans la cohésion, la circulation de l’information et le sentiment d’appartenance. En d’autres termes, le workplace café est à la culture d’entreprise ce qu’une place de village est à la vie locale.
Dans un contexte de travail hybride, où les collaborateurs alternent présence sur site et télétravail, le coin café devient un repère physique fort. C’est souvent là que se recréent les liens après plusieurs jours à distance, que se partagent les actualités informelles des projets, ou que se tissent les relations entre nouveaux arrivants et équipes en place. Un espace café bien conçu, chaleureux et inclusif, envoie un signal clair : “ici, les moments de lien social ont autant de valeur que les réunions formelles”.
Sur le plan individuel, la possibilité de s’extraire ponctuellement de son poste pour une courte pause café contribue à la régulation du stress et à la prévention de la fatigue mentale. Les neurosciences ont montré que de courtes pauses régulières améliorent l’attention soutenue et la capacité de prise de décision. En offrant un cadre agréable pour ces micro-pauses, l’entreprise favorise une récupération psychologique de meilleure qualité, ce qui se traduit par une plus grande disponibilité cognitive sur la durée.
Au niveau collectif, le coin café agit comme un “lubrifiant social”. Les barrières hiérarchiques y sont souvent moins marquées, les échanges plus spontanés, et les idées circulent de manière plus fluide. Combien de solutions à des problèmes complexes ont été esquissées sur un coin de table, tasse en main, plutôt qu’en salle de réunion formelle ? En encourageant ces interactions informelles, vous stimulez la créativité, renforcez la confiance entre les équipes et facilitez la résolution de conflits mineurs avant qu’ils ne se cristallisent.
ROI et métriques de performance d’un espace de restauration d’entreprise
Investir dans un coin café d’entreprise structuré représente un budget non négligeable : machines à café professionnelles, mobilier, travaux d’aménagement, consommables, maintenance. Pour convaincre les directions générales et les directions financières, il est donc utile de raisonner en termes de retour sur investissement (ROI) et de définir des indicateurs de performance pertinents. La bonne nouvelle, c’est qu’un espace café bien pensé génère des bénéfices mesurables, tant sur le plan social qu’économique.
Du point de vue de la performance RH, plusieurs métriques peuvent être suivies avant et après l’installation ou la rénovation d’un coin café : taux d’absentéisme, turnover, résultats des enquêtes d’engagement, indicateurs de qualité de vie au travail (QVT). Des études internationales suggèrent qu’un environnement de travail perçu comme convivial et soutenant peut réduire l’absentéisme de l’ordre de 10 à 15 % et améliorer les scores d’engagement de plusieurs points. Même si la part imputable spécifiquement au coin café est difficile à isoler, il contribue à ce climat global.
Sur le plan opérationnel, vous pouvez également suivre des indicateurs indirects, comme la fréquentation de l’espace café (via des capteurs anonymisés ou des relevés de consommation), la durée moyenne des pauses, ou encore le taux d’utilisation des machines aux différentes plages horaires. Ces données permettent d’ajuster le dimensionnement des équipements, d’optimiser l’approvisionnement en café et en snacks, et d’identifier d’éventuels besoins de coins café supplémentaires sur un même site.
Enfin, la marque employeur et l’attractivité des locaux constituent un volet essentiel du ROI. Dans un marché de l’emploi tendu, un espace café convivial, aligné avec les valeurs RSE et la culture de l’entreprise, peut faire la différence lors des visites de candidats ou des processus d’onboarding. Il participe à l’expérience collaborateur dès le premier jour et renforce la perception d’une entreprise qui prend soin de ses équipes. Comment quantifier cette valeur immatérielle ? En observant, par exemple, le taux de recommandation (eNPS), les verbatims des enquêtes internes ou encore les retours des nouveaux arrivants sur la qualité des espaces de vie.
Conformité réglementaire et responsabilité employeur en matière de restauration collective
La création d’un coin café en entreprise s’inscrit dans un cadre réglementaire précis qui engage la responsabilité de l’employeur. Même si l’espace café ne constitue pas toujours une “restauration collective” au sens strict, il reste soumis à plusieurs obligations du Code du travail et, le cas échéant, aux réglementations relatives aux établissements recevant du public (ERP). Ignorer ces exigences peut exposer l’entreprise à des risques juridiques, des sanctions administratives ou une remise en cause de sa responsabilité en cas d’incident.
En premier lieu, l’employeur doit garantir l’accès permanent à une eau potable et fraîche, conformément aux dispositions en vigueur, et faciliter la prise de pauses réglementaires (au minimum 20 minutes après 6 heures de travail consécutives). Le coin café constitue un aménagement privilégié pour répondre à ces obligations, à condition de respecter les normes d’hygiène, de sécurité incendie, d’accessibilité PMR et de ventilation. Les installations électriques doivent être conformes, protégées contre les projections d’eau et régulièrement contrôlées.
Lorsque l’espace café propose des denrées alimentaires, même en libre-service (snacks, produits frais, préparations livrées), l’entreprise doit veiller au respect des règles sanitaires de base : stockage à bonne température, respect des DLC, propreté des surfaces de préparation, gestion des déchets. Les services de l’Inspection du travail ou de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) peuvent être amenés à contrôler ces aspects, en particulier dans les grandes structures ou lorsqu’un prestataire externe intervient sur site.
Enfin, la responsabilité de l’employeur s’étend à la sécurité des collaborateurs dans l’usage des équipements mis à disposition : machines à café, fontaines à eau, fours micro-ondes, réfrigérateurs. Il lui appartient de mettre en place les consignes d’utilisation, de former si nécessaire les utilisateurs (par exemple pour les buses vapeur ou les plaques de maintien au chaud) et de s’assurer que les dispositifs de coupure d’urgence sont accessibles. En adoptant une approche proactive et structurée, le coin café d’entreprise devient non seulement un levier de motivation au quotidien, mais aussi un espace maîtrisé sur le plan réglementaire, au service d’un environnement de travail sain et sécurisé.
